Un Bout d’Asie à 3

De Bangkok à Sakaerat environmental research stationDu 31 juillet au 9 août – 453 km

Seb arrive à Bangkok, tout blanc et pressé de faire du vélo. Son enthousiasme nous réjouit !
Avant de quitter la capitale, il s’installe avec nous chez l’un des warmshowers les plus adorables de notre voyage. Nous saluons la famille de Him, que nous retrouverons probablement avant de prendre l’avion de Bangkok pour rentrer en France.
Nous passons un agréable moment avec cette généreuse famille (passionnée de vélo) qui nous met dans le bain pour le début de cette partie du voyage.

Nous entamerons notre première journée à deux roues, accompagné de Him (la fille de la famille) et son copain : Py.

Ils nous sortent de la ville pour pas moins de 80 kilomètres. À peine fatigués, ils nous déposent dans un temple bouddhiste où nous passerons la nuit.
Bien que les moines ne doivent pas m’approcher, étant une femme, ils n’en restent pas moins, gentils, attentionnés et généreux. Nous dormirons à l’intérieur du temple à côté de Bouddha.

Première nuit dans un temple: plutôt pas mal :)

Première nuit dans un temple: plutôt pas mal :)

 

Nous aurons des cadeaux de la part des moines : dentifrices, brosse à dent, gateaux et café… Et nous pourrons utiliser des toilettes/douche, un soulagement !!! Nous dormirons bien grace aux ventilateurs, il faut dire qu’il fait pas frais ici… On avoisine les 30°C la nuit…
On se prépare rapidement le matin pour laisser la place.

Nous croiserons sur la route deux crocodiles, des serpents (morts ou vivants), des oiseaux et beaucoup de chiens errants (galeux…). Par endroit il y aura peu de gens, juste quelques cabanes où l’on pourra manger. Très peu d’ombre, du vent chaud, des sourires et des « Hello » (prononcé : hilo) !

La route est agréable, peu de traffic et on découvre une région de la Thaïlande peu visité par les touristes

La route est agréable, peu de traffic et on découvre une région de la Thaïlande peu visité par les touristes

 

Nous traverserons le parc national Khao Yai pour le troisième jours de Seb. Pour le moment, il nous épate, il a de l’énergie à revendre et il ne se plaint pas beaucoup, beaucoup moins que nous en tout cas !
Dans les côtes, il peinera un peu (beaucoup même). Il poussera à quelques reprises le vélo. On avance doucement et à grosses goutes. Les côtes sont de pire en pire et les pentes de plus en plus raide. Nous avons bien appris une chose depuis le début du voyage : ne pas se laisser impressionner par la pente, ne jamais descendre du vélo (c’est arrivé les premiers jours), et ne pas s’impatienter, la fin viendra… Et Seb apprend vite !

Ne pas se laisser impressionner par la pente !

Ne pas se laisser impressionner par la pente ! (El diablo)

Nous dévorerons nos plats en arrivant et nous nous installerons en bord de rivière parmi les cervidés, maqcaques et diverses espèces de volatiles.
Descentes pour le lendemain avec une vue imprenable sur la forêt thaïlandaise.

Nous avons vu les fameux Gibbons avec leurs hurlements très particuliers

Nous avons vu les fameux Gibbons avec leurs hurlements très particuliers

Nous traversons des villes poussiéreuse mais accueillantes avant d’arriver à notre deuxième warmshower de Thaïlande, le directeur du centre de recherche environnementale de Sakaerat.

Sakaerat environmental research station – O’Smach au CambodgeDu 9 août au 13 août – 259 km

Nous allons pouvoir nous reposer dans un environnement verdoyant et paisible, au milieu d’une forêt où une centaine d’étudiant vienne combler le silence. Une chambre est aménagée pour les voyageurs, et nous mangeons comme le reste des convives, à la cantine, gratuitement. Cet endroit est fabuleux !

Le centre de recherche nous met à disposition une chambre / salle de bain, la totale ! Tout ça en plein milieu de la forêt

Le centre de recherche nous met à disposition une chambre / salle de bain, la totale ! Tout ça en plein milieu de la forêt

Le lendemain matin on va pouvoir assister à une conférence sur les serpents grace au chef du groupe qui nous propose de le suivre. Nous en apprenons beaucoup sur ces créatures bien plus apeurées par nous autres qu’on ne l’imagine. Le soir même nous aurons la chance de voir une procédure d’identification d’un nouveau venu. Un serpent dont le venin est mortel pour l’homme; un Bongaré rayé. Il ne se laisse pas faire… Mais après l’avoir observé pendant une dizaine de minutes, je constate qu’il a peur…

Nous partons conquis par ce lieu reculé (où nous aurons eu la chance de voir un varan en liberté, probablement la proie du Cobra Royal selon les experts) et la générosité du personnel !

Les kilomètres défilent au soleil sur les routes poussiéreuses entourées de rizières. Nous passons devant des maisons typiques et d’autres plus moderne, devant des buffles et des marchands ambulants. Les sourires des habitants ne laissent la place qu’à l’étonnement. Les thaïlandais nous apparaissent comme bienveillants et curieux, des gens simples qui ne demandent qu’à partager.

Cette région est vraiment belle et nous prenons du plaisir a circuler dans cette partie de la Thaïlande un peu oubliée...

Cette région est vraiment belle et nous prenons du plaisir a circuler dans cette partie de la Thaïlande un peu oubliée…

Nous passerons toutes nos nuits dans des temples, où les hamacs trouvent toujours leur place à côté de Bouddha, sous un toit, à l’abri des intempéries. Nous sommes entourés de moines mais aussi de chats et chiens qui ont trouvé refuge dans ce lieux de cultes.
Dans un village dont on ne connait même pas le nom, un moine appelera sa « marraine » qui nous invitera au restaurant bien que l’on insistera pour payer. On comprendra plus tard que le moine l’a contacté car il craignait que l’on meurt de faim… Nos tenues odorantes et loin d’être propre on de l’induire en erreur. Mais nous nous régalons en parlant anglais avec cette femme, mariée à un américain.

Nous nous ferons inviter à partager un déjeuner un matin avec les moines et certains membres du villages. A l'occasion de l'anniversaire de la reine de Thaïlande...

Nous nous ferons inviter à partager un déjeuner un matin avec les moines et certains membres du village. A l’occasion de l’anniversaire de la reine de Thaïlande…

 

O’Smach au CAMBODGE – KratieDu 13 août au 23 août – 560  km

Notre passage de la frontière commence par une arnaque. Le prix de l’entrée (par personne) est de 12 dollars plus cher…

Dans ce pays tout contraste avec la Thaïlande. Plus cher, plus pauvre, plus sec, plus chaud, plus sale, plus difficile… La nourriture se fait beaucoup plus rare. Les prix varient d’un endroit à l’autre. Les arnaques sont plus fréquentes. Dans la région de Along Veng, les sourires s’effacent pour laisser place aux regards froids et aux moqueries. Nous regrettons presque d’avoir changé de pays.
Après avoir quitté la ville d’Along Veng, la vilaine poussiéreuse, les gens changent, ils s’adoucissent. Surtout dans les campagnes, nous les retrouvons bienveillants. On mange mieux, les prix baisse et les échangent reviennent. Nous apprenons un peu de Khmer qui s’avère pas si « difficile ». Ils n’ont pas de conjugaison, de genre, de pluriel ni de grammaire. Mais la prononciation n’est pas vraiment facile…

Certains battent des records sur la route !

Certains battent des records sur la route !

Les temples du Cambodge sont plus rustiques, mais cela ne nous dérange pas nous avons vu bien pire !. Les moines sont aussi gentils mais plus distant avec moi (étant une femme).

Voulant suivre le Mékong, nous emprunterons les pistes peu empruntée. Le sol est plus lisse que leur bitume. Nous roulons à bonne allure, seuls (ou presque) entre les arbres. Peu de stand de nourriture ou de boisson. Le soleil cogne et nous le subissons. On roule souvent sous les orages, dans la poussière, quelque fois sous la pluie. Nous cumulons les coups de soleil et la Biafine pour le soir avant de se coucher. La crème solaire aide mais pas assez nous transpirons en continu. Nous lavons nos vêtement dès que possible mais mal. Nous nous perdons quelques fois, nous enchainons les kilomètres et faisons demi-tour. Nous ne mangeons pas à notre faim… Nous passons des crise de faux rire aux crises de nerfs.

Même si le relief est plat, la chaleur et l'humidité dans ces régions forestières rendent les journées éprouvantes !

Même si le relief est plat, la chaleur et l’humidité dans ces régions forestières rendent les journées éprouvantes !

 

Ligne droite de 35 km pour finir la journée !

Ligne droite de 35 km pour finir la journée !

Pendant une semaine nous allons vivre les pire jours de notre étape avec seb. On se perd, on brule, on ne mange pas assez. Nous sommes aussi très isolés.

Nous découvrons des régions isolés du Cambodge ou la nature est omniprésente. Le peu de village est un soulagement car nous ne portons toujours pas de nourriture sur nous...

Nous découvrons des régions isolés du Cambodge ou la nature est omniprésente. Le peu de village est un soulagement car nous ne portons toujours pas de nourriture sur nous…

Nous passerons une nuit dans un temple où l’une des cabane en bois prendra feu sous nos yeux… Nous sommes maudis et craignons que les habitants nous accusent. Une électricité défectueuse ou un mauvais karma. Le gong retentira sous nos oreilles douloureuse, à quelques mètre de nous un moine enfant alerte le village. Une centaine de personnes viendra au compte-gouttes, en scooter ou à pied pour éteindre cette folie à l’aide de bassine puisé dans leur réservé pour la douche. Des pompiers, il n’y en a pas, en tout cas pas à des kilomètres à la ronde… Les villageois s’empressent d’arroser les maisons voisines pour que le feu ne se répande pas. Le sol est imbibé d’eau au bout d’une dizaine de minute, le feu se calme et s’éteindra complètement une bonne heure plus tard.

Après l’incendie, on rejoint Stung Treng au bord du Mékong. Rien d’extraordinaire pour le moment coté ville, on ne s’y attardera pas.  Nous souhaitons longer le fleuve jusqu’à Phnom Penh, ce qui s’avère un vrai plaisir au début ! Une petite balade au rythme du Mékong !

La piste qui longe ce fleuve mythique est un vrai régal !

La piste qui longe ce fleuve mythique est un vrai régal !

La route s’arrête, le Mékong est trop haut à cette saison. Une dame nous fait prendre une barque un à un pour nous déposer de l’autre côté de la rive.

Plutôt que de devoir faire demi tour, nous choisissons de traverser le cour d'eau avec l'aide des habitants qui nous confirment que le chemin continue de l'autre côté...

Plutôt que de devoir faire demi tour, nous choisissons de traverser le cour d’eau avec l’aide des habitants qui nous confirment que le chemin continue de l’autre côté…

Nous pensions rejoindre la piste et continuer notre ballade… à tord… Le chemin fait à peine la largeur du vélo et la végétation est très dense tout autour. On pédale sans voir le sol, ni même nos pieds. Je pense aux serpents mais aussi aux mines qui sont une plaie dans ce pays. Et le soleil se couche dans moins de 2 heures. On demande notre route aux villageois qui s’étonnent de notre présence. Une cabane, puis une autre. Ils nous indiquent un chemin qui nous renverra vers notre point de départ. Nous ferons donc 20 km en « marche arrière » en voyant la luminosité baisser…  Le soleil se couche lorsque nous réussissons finalement à retrouver une piste praticable par les scooters, grâce à une petite fille qui nous aura guidé sur son vélo rouillé.

Nous pédalons de nuit soulagés d’avoir quitté la jungle cambodgienne. Nous voyons nos pieds, éclairés de nos lampes, mais nous ne savons toujours pas si nous allons trouver un endroit pour manger et dormir.
À une grande intersection, nous trouvons un endroit qui fera les deux. Un petit restaurant où le propriétaire nous laissera dormir à l’abri sous sa toiture, sur la devanture de son magasin. Les gens nous voient mais peu importe il n’y a pas grand monde. Nous dormirons pas loin de cochons, volatiles et chiens en tout genre. Je passe une excellente nuit tandis que les garçons seront malade et n’auront d’autre choix que d’aller dans le jardin, au milieu des cochons.

Le lendemain nous devons rejoindre Kratie, une grande ville au allure coloniale mais une fois de plus on se perd sur les pistes. Nos nerfs sont à vifs. Nous avons perdu le peu de patiente qui nous restait. Nous pédalons comme des brutes et réussissons à récupérer une grande voies rapide après près de 100 km. Nous sommes affamés, nous n’avons pas mangé (hormis des gateaux) depuis le petit déjeuner. On craque, seb demande à un véhicule de nous avancer, le cambodgien sourie comme ils ont l’habitude de la faire, mais pour nous dire non, bien qu’il est de la place et ne soit pas pressé. Seb part en trombe derrière lui et l’insulte de C.. fou de rage. Je parlais des nerfs à vifs, en voici un exemple concret. Mais à la deuxième tentative, ça marche. Nous finissons dans un camion livreur de bière, avec nos 3 vélos et toutes affaires sur les pacs, en compagnies d’un cambodgiens plein de vie. Une pluie violente tombe quelques kilomètres avant l’arrivée. Le chauffeur ferme la porte du camion après nous avoir demander où l’on passait la nuit. Nous finissons dans le noir et dans un « four », mais lorsqu’il réouvre la porte nous sommes à l’entrée de notre guesthouse. Seb veut leur donner un petit quelques chose mais ils refusent. Nous sommes d’autant plus heureux qu’ils nous on rendu service sans rien attendre en retour.
Nous nous installons et après une bonne douche nous sommes prêt à manger !

Nous nous reposerons dans cette ville qui est la plus moderne que l’on est vu jusqu’à présent au Cambodge. Et on profitera d’une journée de repos pour faire une sortie Kayak. Bien que la journée soit plus sportive que prévu nous aurons la chance d’observer les dauphins du Mékong.

Sur le Mékong ! Le courant est parfois très fort à cette saison.

Sur le Mékong ! Le courant est parfois très fort à cette saison.

On peut apercevoir très facilement ces dauphins d'eau douce dans cette partie du Mékong. Les photos ne rendent pas grand chose par contre...

On peut apercevoir très facilement ces dauphins d’eau douce dans cette partie du Mékong. Les photos ne rendent pas grand chose par contre…

 

 

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